Poser des bastaings ou des madriers en extérieur sans se poser la question du traitement, c’est prendre le risque de tout reprendre deux ou trois ans plus tard. Le choix entre bois traité et bois brut ne dépend pas d’une préférence esthétique : il dépend de ce que la pièce va subir, de sa position dans l’ouvrage, et de l’essence utilisée.
Bastaing madrier : dimensions et rôles à l’extérieur
Un bastaing est une pièce de bois rabotée à section intermédiaire, couramment employée pour les solivages de terrasse, les ossatures de pergola ou certains éléments de charpente légère. Une section fréquemment rencontrée est le 63 x 175 mm.
Le madrier est plus massif. Sa section plus importante le destine aux structures qui doivent couvrir des portées plus grandes ou encaisser des charges plus lourdes. Une section courante se situe autour du 75 x 225 mm.
Pour un projet extérieur – terrasse basse, auvent, abri de jardin – on utilise les deux, mais pas aux mêmes endroits. Les bastaings partent en solives ou en lisses, les madriers interviennent sur les poutres maîtresses ou les poteaux d’angle.
Classes d’emploi : le critère décisif avant de choisir un traitement
Le mot « traité » sur une étiquette ne dit pas grand-chose sans la classe d’emploi associée. C’est cette classe qui décrit l’exposition réelle de la pièce et donc le niveau de protection requis.
Pour un usage courant en extérieur, deux classes s’appliquent selon la position de la pièce :
- Classe 3 : bois extérieur hors sol, exposé aux intempéries mais non en contact permanent avec l’eau ou la terre. C’est la classe standard pour les solivages de terrasse ventilés, les chevrons, les bastaings de pergola.
- Classe 4 : bois en contact avec le sol, l’eau douce ou soumis à une humidité prolongée sans séchage possible. Elle concerne les poteaux plantés, les éléments enterrés ou les pièces proches d’un point d’eau.
Un bastaing traité autoclave vendu en classe 3 n’est pas adapté à un poteau planté directement dans la terre. Vérifier la classe revendiquée sur le produit précis évite une erreur fréquente sur chantier.

Bois traité autoclave ou bois brut : ce que ça change en pratique
Le traitement autoclave consiste à injecter sous pression un produit de protection dans le bois. L’avantage principal est la résistance biologique préventive : champignons, moisissures et insectes xylophages ont beaucoup plus de mal à s’installer. Pour un bastaing de terrasse ou un madrier de charpente exposé à la pluie, c’est une sécurité réelle.
Le bois brut, lui, n’a reçu aucun traitement de fond. Ce n’est pas forcément un handicap si on choisit une essence naturellement durable. Le douglas, par exemple, présente une résistance naturelle correcte en usage hors sol grâce à son duramen. L’aubier du même douglas, lui, est beaucoup plus sensible.
Une essence adaptée employée hors sol dans une conception qui sèche bien peut très bien se passer de traitement. Mais dès qu’une pièce est en contact avec le sol ou retient l’eau dans un assemblage, le bois brut sans traitement pose rapidement un problème.
Coupes et perçages sur bois traité : un point à ne pas négliger
Sur un bastaing traité autoclave, chaque coupe en longueur ou chaque perçage expose du bois non protégé. Le produit a pénétré depuis la surface ; l’intérieur de la pièce peut rester moins imprégné, surtout sur des sections épaisses.
Sur les débits réalisés sur mesure ou les assemblages vissés, il est conseillé d’appliquer un produit de protection en bout de coupe. C’est un geste simple, souvent oublié, qui détermine la durée de vie réelle de l’assemblage.
Conception de l’ouvrage et durée de vie
Le traitement n’efface pas les mauvais choix de conception. Une poutre horizontale qui accumule l’eau, un assemblage sans évacuation, un poteau dont la base n’est pas isolée du sol : ces configurations dégradent le bois même traité. La conception détermine l’exposition, l’exposition détermine la classe requise.
Inversement, un bastaing en douglas brut bien positionné – sur lambourdes surélevées, avec espacement suffisant pour sécher – durera plus longtemps qu’un bastaing traité mal drainé.
Choisir entre traité et brut selon le projet extérieur
Quelques situations concrètes permettent de trancher :
- Terrasse basse sur lambourdes, bastaings en solives hors sol avec ventilation sous-face : classe 3 suffisante, douglas brut envisageable si l’essence est confirmée comme duramen.
- Abri de jardin avec poteaux en contact direct avec la dalle ou le sol : classe 4 sur les poteaux, classe 3 sur la charpente ; éviter le bois brut sans durabilité naturelle avérée.
- Pergola avec bastaings de couverture exposés à la pluie mais drainés : classe 3, traité autoclave ou essence naturellement résistante.
- Madrier de poutre maîtresse pour une charpente de carport : classe 3 si hors sol et ventilé, section et portée à calculer séparément du choix traité/brut.
La distinction traité/brut ne s’efface pas derrière la section de la pièce. Un madrier brut en résineux ordinaire en classe 4 de fait (contact sol) est une erreur, quelle que soit sa section.
Entretien du bastaing madrier traité ou brut en extérieur
Le bois traité autoclave ne dispense pas d’entretien de surface sur le long terme. Il protège contre la dégradation biologique, pas contre les UV ni le grisaillement. Une lasure ou un saturateur appliqués régulièrement prolongent la durée de vie et maintiennent l’aspect.
Le bois brut, selon l’essence, peut griser naturellement sans se dégrader structurellement – c’est le cas du douglas ou du mélèze. Si le grisaillement ne pose pas de problème esthétique, l’entretien se limite à surveiller les assemblages et les zones de contact.
Dans les deux cas, les assemblages vissés méritent une vérification périodique : c’est là que l’humidité s’accumule et que la dégradation commence, bien avant que la pièce elle-même ne pose problème.

